Pablo Picasso,
Une cote à l’épreuve des polémiques...
31.10.2025
Par Loris Aumaitre
Ce n’est un secret pour personne : le marché de l’art est en petite forme.
Un constat qui mine depuis plusieurs années les galeristes, mais qui n’a rien d’une fatalité.
Paris semble en donner la preuve. Depuis la rentrée, la capitale enchaîne les signaux étrangement positifs. Les ventes aux enchères ont fait sensation avec un Picasso adjugé 32 millions d’euros à Drouot par l’étude Lucien, un monochrome de Klein vendu 18 millions chez Christie’s Paris, et un Modigliani parti à 27 millions chez Sotheby’s. Pas mal pour un marché soi-disant en crise.
Les fondations parisiennes n’ont pas à rougir. Entre Minimal à la Bourse de Commerce, la rétrospective G. Richter à la Fondation Louis Vuitton et le vernissage du nouvel espace de la Fondation Cartier, on ne sait plus ou donner de la tête.
Cerise sur le gâteau de cette saison artistique automnale: la dernière édition d’Art Basel au Grand Palais.
Selon Le Quotidien de l’Art, la foire a « bien marché » . 45 transactions au-dessus du million d’euros, il y a de quoi sabrer le champagne. La presse spécialisée évoque des ventes solides pour les grandes et moyennes galeries, c’est bon pour le moral. Les installations éphémères ont séduit elles-aussi. En témoigne le Kermit géant installé place Vendôme qui inonde nos Instagram.
Mais attention aux feux de paille. Crise ou pas, Art Basel a toujours su briller. Sa réussite ne tient pas qu’aux ventes : c’est une machine internationale, portée par le glamour, les sponsors et les collectionneurs globe-trotteurs. En coulisses, l’installation des stands coûte cher et certaines galeries espèrent beaucoup de cet événement éphémère. De nombreux collectionneurs attendent d’ailleurs ces foires pour acheter. Le risque ? Que tout le secteur finisse par ne vivre que quatre jours par an.
Pour le public, un accueil qui laisse un peu à désirer.
La billetterie entièrement dématérialisée n’a pas fait que des heureux. Pas de guichets sur place, des files d’attente interminables, des visiteurs en carafe devant l’entrée et personne pour les accueillir, ni les guider. Vu le standing de l’évènement, un peu plus de contact humain et d’attention auraient été bienvenus.
Enfin, la politique d’accréditation fait lever plus d’un sourcil. Un exemple : impossible d’y entrer avec une carte de presse. Il faut justifier d’un article en préparation et présenter un mot signé de son rédacteur en chef. Ici, on doit promettre d’écrire avant même d’avoir vu quoi que ce soit, ca doit faire rire jaune…
Dommage aussi, le prix exorbitant des billets. Avec des tarifs à plus de 40 euros, ArtBasel réserve l’entrée aux potentiels acheteurs. Dommage collatéral : les jeunes et les étudiants qui seront peut être les acheteurs de demain et les futurs professionnels du marché de l’art.
À l’inverse, ArtParis propose des formules étudiantes qui tournent autours de 15 euros…